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Il y a peu, suite à des circonstances particulières, j'ai un peu fauté avec ma contraception. Comme il faut laissé passer 23 jours avant que le test urinaire ne soit valable, tu as le temps de bien cogiter sur tous les détails d'une potentielle future maternité. Et répondre aux questions cruciales qui sont : est-ce le bon moment, suis-je à la hauteur, va t'on le garder ?

Bien sûr, j'ai eu peur. J'ai même sombré un jour ou deux dans un abîme de détresse émotionnelle sans queue ni tête qui m'a rendu inapte à quoi que ce soit. J'ai essayé de me raccrocher à tout et à n'importe quoi, j'ai épluché mon répertoire, téléphoné a ma marraine ( qui est une bonne fée, oui, oui, comme dans les films) , ma psy, toutes les personnes susceptibles d'avoir un avis censé sur la situation. J'ai écouté, j'ai parlé, j'ai pleuré. J'ai fais des listes. Les plus. Les moins. J'ai chassé les projections anxieuses comme on chasse les monstres de sous son lit. Je me suis mise en colère, j'en ai voulu à la terre entière, je me suis auto-flagellée, j'ai culpabilisé et puis j'ai lâché.

J'ai lâché quand j'ai compris que si un petit haricot grandissait dans mon ventre, je ne pourrais pas le déloger de là. Parce que si tout m'échappait à ce moment là, j'ai sentis ce qu'il allait advenir de moi si je ne laissais pas une chance à ce petit bout d'homme. La culpabilité, bien sûr. Le remords. Les questions. Quand j'aurais un autre enfant, cet enfant attendu, désiré... Vivra t'il dans l'ombre de celui qui n'est pas né ? Me dire qu'il aurait pû avoir une frère ou une sœur aîné ...

Après la tempête émotionnelle qui venait de me dévaster en partie, voilà que je me prenais la réalité en pleine figure et dans tout ce qu'elle avait de plus concret. En voyant cet enfant grandir, devenir une personne, je me serais forcément demandé quelle personne aurait été ce bébé mirage. Quelle mère aurais-je été avec lui ? Qu'est-ce que cet enfant aurait fait de moi ? De nous ? Son père l'aurait il emmener au parc jouer avec ses petites voitures ? Aurait-on fait les ateliers de massage parents-bébé auxquels je tiens tant ? De quelle couleur aurait été ses cheveux ? Ses yeux ?

J'ai alors pris conscience de ma véritable liberté en temps que femme. Du pouvoir immense que je tenais entre mes mains. Celui de donner la vie. Ou non. De devenir mère .Ou pas. De faire de mon homme un père. Ou pas. De potentiellement gâcher cet enfant de manière stupide et inutile. Tout ceci me semblait tellement injuste. Pour lui. Pour moi. Pour son père. Et je me trouvais d'autant plus immature que j'avais pris ce risque pour une raison totalement inconsciente. Indépendante de ma volonté propre.

Aujourd'hui, je sais que je ne suis pas enceinte. Ce n'est pas un soulagement. Plutôt un léger pincement au cœur. Un deuil d'une vie envisagée. Même si je suis reconnaissante à mes enfants d'avoir eu la sagesse d'attendre. Je sais que je ne dois pas prendre cet " oubli" à la légère. Je sais maintenant ce qui se cache derrière, mais j'ai encore besoin de quelques armes avant de me lancer dans cette grande folie qu'est de donner la vie.

Je ne voulais pas que mon bébé devienne un enfant sans ombre mais j'aurais encore plus regretté qu'il ne se sente pas " désiré" au sein de sa famille. Proche ou élargie. Je ne voulais pas que mes enfants me voient dans toutes mes faiblesses, maintenant, je sais que je pourrais être une mère-lionne. En 23 jours, j'ai fais mon chemin avec lui et j'ai grandis. Maintenant, je suis en paix avec mon désir d'enfant. Je peux y penser avec sérénité. Et un jour, je serais mère. A part entière.

Tag(s) : #Mon quotidien

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