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Pour ceux qui me suivent depuis le début - ou ceux qui ont eu la patience de lire mes pavés - vous connaissez mon rapport complexe à la nourriture et aux " régimes" divers et variés. On récapitule vite fait, en surpoids depuis que j'ai 6 ans, obèse vers les 10, malade de la bouffe ensuite, continuellement au régime depuis. Sans jamais atteindre un poids acceptable pour les médecins, la mode et les biens pensants.

Alors, voilà mon problème du moment, depuis octobre, j'ai pris deux kilos.

Je sais, ce n''est pas grand chose. Pour certains, ce n'est rien. Pour moi, ces deux kilos sont une horreur et une injustice sans nom. Deux kilos qui me rapprochent de la barre des 8 unitaire, qui font basculé mon imc dans le 26 et des brouettes. Deux kilos qui se sont collé sur mes hanches, qui viennent rembourrer mes joues , remplumer mes fesses et rajouter de l'épaisseur à mon petit bedon. Deux kilos qui sont là pour une raison sans doute, mais elle n'est pas alimentaire. Parce que je n'ai rien changé à la manière de me nourrir, de composer mes repas, non plus. Rien du tout. J'ai même re-commencer WW pour recadrer ce carnage sans aucun résultat ( hormis les crampes de bide et les ballonnements).

Par contre, mon état d'esprit à changé.

En octobre, j'ai commencé un travail sur moi même qui révèle des blessures très anciennes, en octobre, j'ai de nouveau perdu toute attirance pour mon métier, en octobre, le projet de déménagement s'est précisé ... Je me suis sentis abandonnée, délaissée, mise à l'écart par mes collègues. Traumatisme d'enfance et dépendance affective où je ne voulais que plaire et où personne ne voulait jamais jouer avec moi parce que j'étais " grosse". Je me prépare également à une longue "migration", je pars de chez moi. Un profond déracinement pour moi, une immense peur de la solitude, du manque de "mon clan" ..

Vous devez vous dire que j'ai débloqué. Ne pas voir le rapport entre le paragraphe 1 et le paragraphe 2. Pourtant, je vais vous expliquer. En naturopathie, il existe une discipline qui se nomme le décodage biologique.Ou comment relier le corps et l'esprit. Dans ce courant, les maladies ne sont que des réponses de notre organisme à un stress émotionnel très important. Et à chaque stress est relié un " conflit", une problématique en somme. Je vais vous raconter mes deux conflits programmant du moment.

L'abandon et la migration.

Nous sommes à l’époque préhistorique, imaginons une mère qui laisse son
bébé sur un rocher et qui s’éloigne. Abandonné ainsi par sa mère, ce bébé est en
danger de mort ; il sera soit dévoré par un prédateur, soit il mourra rapidement
de faim.

Face à ce stress majeur, la réponse organique va être de passer en « mode
stockage ». « Sans ma mère, je ne peux recevoir de nourriture ». Le métabolisme
va alors s’adapter pour que le moindre aliment ingéré permette de faire des
réserves. En positionnant ses gènes sur l’anabolisme (stockage), ce bébé
augmente ses chances de survie car il tiendra ainsi plus longtemps sur ses
réserves de graisses

La prise de poids peut alors être une réponse au conflit d’abandon.

L’abandon signifie aussi : « privé de nourriture affective ». Ce conflit renvoie donc
à la dépendance affective, à tous les traumatismes où l’on s’est senti délaissé,
mis à l’écart et donc en insécurité.

Le manque de protection est aussi l’un des ressentis profonds chez certains
obèses. Abandonné dans la nature, je me retrouve à la merci du moindre
prédateur. Le fait de prendre du poids me rend plus volumineux, c'est-à-dire plus
impressionnant. Face au danger, pour dissuader un prédateur, le poisson lune
gonfle, le chat hérisse son poil et fait le dos rond, la poule met de l’air dans ses
plumes… Une prise de poids soudaine peut aussi être la réponse que mon corps
va mettre en place lorsque l'on m’agresse (« ma graisse »).

Si je n’ai pas les ressources en moi pour me protéger alors il me faudra impressionner
physiquement en prenant du volume. Quel est alors le traumatisme qui fait que je
me sente constamment en insécurité ? Quand me suis-je senti abandonné, livré à
moi-même sans protection ?

Je pourrais répondre à ces questions mais je ne le ferrais pas au risque de vous livrer des pans de mon histoire, qu'entre nous, sincèrement, je préférerais n'avoir jamais connu.Ceci dit, tout ce qui est noté plus haut s'avère exacte, notamment en ce qui concerne ma mère.

Maintenant, la migration. Ou le conflit de l'oie.

Cela fait des millénaires que les oies, avant de réaliser leur migration, se gavent au point de créer une stéatose du foie (foie gras). Ces réserves de lipides sont le carburant nécessaire aux longues migrations (les lipides ont d’ailleurs un haut rendement calorique). En stockant des graisses,c’est comme si notre organisme se préparait à un très long périple.L’expression « un dernier morceau pour la route » en témoigne. Il y a quelques années, les migrations vécues par nos ascendants étaient terribles ( il faudrait que je demande à ma grand-mère ce qu'elle a ressenti de ses multiples déménagements dans les pays d'Afrique, je parierais qu'elle l'a mal vécu) et engageaient leur survie. Le peuple américain, par exemple, s’est constitué au fil des migrations européennes. Cette migration avait pour origine la misère dans laquelle se trouvaient nos ancêtres venus chercher l’Eldorado.Cette mémoire de manque et de déracinement reste profonde dans
l’inconscient des Américains. Elle est, selon les naturopathes, une des causes de l’obésité chronique dont souffre ce pays.

En réalité, je ne suis pas loin de ma famille, dix minutes de voiture, je fais ce trajet au moins deux fois par jour, en réalité je sais parfaitement bien cuisiner (et j'adore ça !). En réalité, je sais qu'ils ne sont pas loin et toujours là en cas de besoin, en réalité, je sais que je ne suis pas seule, que je ne vais pas mourir de faim, qu'il ne va rien m'arriver, que je suis en sécurité. Que je vais changer de travail, que tout ira mieux, que je trouverais enfin ma place ..

C'est ce que je dis pour me rassurer. Me convaincre. Me persuader. Essayer de me déprogrammer de ces conflits.

En réalité, j'ai un gros problème avec l'aspect définitif de mon déménagement, en réalité j'ai peur de la solitude et du manque de ma famille, en réalité, j'ai l'impression qu'ils m'abandonnent à mon triste sort, en réalité, je me sens en insécurité totale, en terrain inconnu, à la merci de tout. En réalité, j'ai peur de ne pas m'en sortir " vivante " sans eux. En réalité, mon travail m'agresse tous les jours, en réalité, je me sens laissé sur le bas côté par mes collègues, en réalité, je me sens délaissé par mon chéri qui ne semble vivre que pour son travail et le déménagement actuellement ..

Au vu de tout ça, je ne crois pas qu'un régime hypocalorique ou des soupes à tous les repas soit la solution. Je pense que les médecins, la société, les magasines sont globalement à côté de la plaque en ce qui concerne la majorité des surpoids et des souffrances qui en sont la cause. Je pense qu'on ne peut pas continuer à juger les gens sur un corps. On ne serait que des objets. Avez-vous déjà demandé à votre télécommande de mincir ou à votre canapé de se muscler ? Non. Ou alors je me fais du soucis pour vous. Pour moi, il est temps de chercher des solutions pour guérir véritablement et durablement le mental.. parce que les souffrances du coeur laissent les plus vilaines cicatrices.

PS : Merci à JB de m'avoir appris tout ça. 

Tag(s) : #Humeurs

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