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Quitter ma maison, ma chambre, mon espace.

Me dire que je n'y reviendrais plus et que bientôt, elle sera elle aussi transformée.

Quitter ma famille. Ma mère avec qui je parle des heures. Ma sœur qui est aussi ma meilleure amie. Mon père ... que je n'entendrais plus faire de vannes et des bons mots au dîner.

Quitter tout mes repères pour aller vers un lieu si inconnu, si vide de tout, de sens, de souvenirs, d'habitudes ... J'en ai eu des maux de ventre. Un coup de blues tellement énorme que j'ai pleuré tout au long du trajet, à en suffoquer d'angoisse. Avec une envie de plus en plus énorme : dire à mon homme de faire demi-tour et de me rendre ma maison. Ma vie.

Et pourtant.

Je le voulais cet appartement. Je l'ai forgé à mon désir, j'y ai déjà mis un peu de nous dedans. Il est porteur de tellement de chose. Nouvelle vie, nouveau départ. Liberté chérie et tant attendue. La clef de tous les possibles. La clef de ma vie d'adulte, de jeune fille responsable, amoureuse et avec la vie devant elle. Vivre et aller vers un ailleurs que j'espère meilleurs ou du moins me correspondant mieux. Une occasion en or de me redéfinir, de m'alléger .. dans tous les domaines. Je donne les vêtements qui prennent la poussière depuis des lustres dans mon armoire, je sélectionne soigneusement ce qui m'accompagne ou non dans ma nouvelle vie, je me libère des pressions parentales ...

Mais.

Où est donc passé cette enveloppe qui me protège du monde extérieur ? Avec tous les moments et les habitudes "doudou" qui me rendent la vie plus douce. Fini le bain en regardant la pluie tomber sur le velux, fini les repas en famille, fini les ateliers cuisine avec ma frangine... Mon caractère routinier est vraiment mis à mal les derniers temps. Car je ne vois pas quel événement est pire qu'un déménagement au niveau de la perte radicale de ses petites habitudes. A part un deuil sans doute. Je ne préfère même pas penser à ce que ça serait si je n'avais pas mon homme pour me tenir à bout de bras, ou dans ses bras, quand l'angoisse et la sensation d'abandon devient trop extrême. 

C'est comme .. Une fragmentation de ce que je suis. Une mue.

Je sais.

J'ai un affectif irrationnel pour mon train-train quotidien.

Les choses, les gens, les rituels, sont mes calmants dans ce monde de brutes et de bruits. Aussi loin que je m'en souvienne. Au point que maintenant tout semble s’écrouler, les choses qui me pesaient me semblent devenues indispensables et mes envies passées de mouvement et de changement deviennent des appréhensions terribles. Peur aussi de louper des choses concernant ma famille avec une certaine pointe de jalousie quand je pense que ma soeur va encore partager tant de moments avec eux, alors que moi je n'en aurais jamais assez. Même je sais que cette impression là n'est dû qu'à des carences dans mon passé. Que c'est faussé. Que ma vie ne sera jamais palpitante ou à la hauteur de mes espoirs et de mes envies si je me contente de grapiller des miettes de la leur. 

Hâte de partir, pour voir, et surtout ne pas y aller. 

Et puis .. cette nouvelle vie, si elle offre autant de possibles .. est un peu effrayante. Serais-je à sa hauteur ? Saurais-je en tirer tous les profits ? Ou vais-je continuer à naviguer en eau trouble jusqu'à ce qu'une autre bonne âme - au hasard mon homme - me sorte la tête de l'eau et m'indique un chemin à suivre tel Moïse guidant son peuple vers la terre promise ? 

Je n'ai aucune réponse à ces questions. C'est frustrant. Et encore plus déstabilisant. Maintenant, il n'y a plus que le temps qui ferra voler la poussière et qui errigera cette nouvelle ère ... La suite au prochain épisode. 

 

Tag(s) : #Mon quotidien

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