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Alors que je faisais des recherches pour trouver le lieu de nos prochaines vacances dans le Sud Ouest, je suis tombé sur le site de Mimizan, charmante commune au demeurant.

Ma curiosité naturelle me poussant à savoir si l'herbe était bien plus verte ailleurs, j'ai commençé à regarder les services proposés par la ville, les écoles, les loisirs, le logement ( les critères les plus important selon moi) et sur ce dernier point, j'ai eu une sorte d'électrochoc que je ne saurais qualifié ni de positif, ni de négatif. Cet électrochoc concerne les logements sociaux, les HLM, donc.

Comme la majorité (je pense ?) de la population, j'ai de très mauvais à priori sur ce type de logement. Ce sont des logements aux rabais, que des tours, des barres, des quartiers difficiles (ouais, vive le 9/3), des passoires thermiques où tu chauffes autant pour les mésanges sur ton balcon que pour ton salon,des logements ghettos qui te classent automatiquement dans la catégorie des cas sociaux. J'avoue que c'est pas très reluisant mais pour ma défense, je n'avais pas les "bons" exemples sous les yeux.

Et là je tombe donc sur de magnifiques logements, neufs, en bois, bbc, avec parking et jardin privatif. Et parfois même sur des maisons individuelles dans des quartiers tout tranquillou.

Bam dans ta tronche.

Je raconte ça à mon homme qui me dit que, pour sa part, il a visité un nouveau quartier en construction qui contient une grosse partie de logements sociaux et le constat à été le suivant : les logements sont bien plus isolés ( du bruit, du froid ..) et haut en prestations que ceux qui seront proposés aux futurs propriétaires. Ce que j'explique logiquement ( ou pas ) par le fait que les logements sociaux sont payés par le contribuable et l'état tandis que les accédants à la propriété cherchent à investir dans la pierre mais faudrait quand même pas que ce soit trop cher ...

Je me suis donc dis qu' on devait avoir un problème avec notre conception et notre point de vue sur les habitats à loyers modérés. Le pire dans tout ça, c'est qu'on pourrait légitimement en faire la demande vu nos revenus. Turlupinée par la question, j'ai donc fais quelques recherches. Histoire de me défaire de ces a priori et de mourir moins conne.

Premier point ( et non des moindres ) : les hlms sont des logements de moindre qualité ( architecturale ou environnementale), mal conçus, mal isolés, peu entretenu, dégradés par la négligence des bailleurs et du comportement supposé des habitants.

Rectificatif : les logements sont soumis au Code de la construction et de l’habitation et à des réglementations spécifiques. Ils respectent à ce titre des normes de santé (renouvellement de l’air, amiante, eau…), de sécurité (incendie, ascenseurs, électricité, gaz…), de confort (accessibilité, acoustique…) et de performance énergétique. Par ailleurs, il faut savoir le parc Hlm consomme en moyenne 30 % de moins en énergie que l’ensemble du parc résidentiel. De plus, Le Plan d’action qualité de service 2010-2015 (adopté en 2009) prévoit la systématisation d’enquêtes de satisfaction et le déploiement de diagnostics conseil Habitat-Qualité-Services pour faire de la qualité de vie un enjeu prioritaire. Malheureusement, la dégradation de 5% du parc HLM par vandalisme continuent de nuire à l’image du logement social (et de faire les choux gras de la télévision).

Point numéro deux (et, à mon sens, aussi important que le premier) : les HLM sont des chaines de barres, de bâtiments moches et gris, sans espaces verts, où les conditions de vie sont dégradées, les jeunes désœuvrés et théâtre de scènes de violence quotidiennes.

Rectificatif : Aujourd’hui, 72 % des logements du parc Hlm sont des maisons ou sont situés dans de petits et moyens immeubles. Ce type d’opérations représente 95 % des logements construits depuis 10 ans. La taille moyenne des immeubles – 20 logements – facilite l’insertion du logement social dans le tissu urbain et le « bien vivre ensemble » à l’échelle des résidences. De plus, afin d’éviter la concentration de logements sociaux, de nouvelles opérations mixent aujourd’hui des logements sociaux et privés (j’ai souvent observé le cas dans les éco-quartiers), ainsi que des programmes d’accession à la propriété. Il est cependant exact que 750 quartiers (1/4 du parc locatif) sont confrontés à des difficultés sociales et, pour quelques-uns d’entre eux, à des problèmes de violence et de drogue. La situation de ces quartiers soulève des problèmes qui dépassent largement le seul engagement du monde Hlm et réclament une action commune de l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux. D’autant qu’ils comprennent également des copropriétés dégradées qui ne relèvent pas du monde Hlm (ce sont des propriétés privées) mais qui posent des problèmes économiques et sociaux aussi grave. On peut quand même noter de bonnes initiatives comme la rénovation urbaine (je citerais ici l’exemple du quartier St-Joseph à Haguenau puisque c’est proche de chez moi => http://grandsprojets.ville-haguenau.fr/le-projet-st-joseph ).

Point numéro trois, sortit de la bouche d’un proche mais qui est une image bien ancrée dans la tête des gens (la mienne aussi, naze que je suis) : les hlm ne logent que les exclus de la société, les travailleurs pauvres et les populations fragiles (mère célibataire, étudiant en galère, personnes âgées à la retraite aussi épaisse qu’une feuille de papier...) et grand dieu, je ne me sens pas capable de cohabiter avec ce genre de « publique».

Rectificatif : De par la loi, le logement social a pour fonction de loger à un prix modéré tous ceux qui ne peuvent y parvenir par le simple jeu du marché. Ni plus, ni moins. Cela s’adresse donc à une population modeste mais pas nécessairement pauvre. Et là, je sens les foudres de la honte s’abattre sur moi. Il faut quand même savoir qu’au début de l’odyssée HLM, les reportages de l’époque vantaient les Hlm, synonymes de confort, d’espace et de modernité. Et ouais. Ce n’était pas donné à tout le monde d’avoir des WC dans son logement. Même mes arrières- grands – parents avec leur grande baraque n’avaient pas ce luxe. Il faut également savoir qu’en 2006 (ça date un peu mais c’est pour l’idée) les employés et les ouvriers représentaient la moitié des résidents (respectivement 25 % et 24 %), les retraités 26 %, les professions intermédiaires (infirmières, instituteurs, professeurs, contremaîtres) 12 %, les 13 % autres se répartissant entre agriculteurs (3 %), cadres et professions intellectuelles supérieures (4 %) et résidents sans activité (7 %). Comme quoi …

Dernier point que j’aborderais parce que j’ai souvent enragé sur ce point (pour rien et par méconnaissance totale, m’enfin, ma connerie est sans limite parfois) : les hlms coûtent des blindes au contribuable, qui se saignent pour payer tous ces beaux logements à tous ces pauvres qui font même pas l’effort de bosser pour payer leur loyer comme tout le monde.

Ouais, j’avoue, j’ai souvent pensé (très très souvent, surtout quand je galérais à mort pour trouver un logement dans le cursus normal) que le locataire HLM profite de la solidarité nationale et reste un assisté de la vie. Oui, vous avez le droit de me jeter des tomates pourries si vous pensiez le contraire et oui, vous pouvez aussi vous enfouir dans le sol comme moi, si vous avez eu ce genre de pensées réductrices.

Rectificatif : Les Hlm sont financés à 74 %  par emprunts contractés par les organismes Hlm auprès de la Caisse des dépôts, qui utilise à cette fin les ressources issues du Livret A. Ensuite, les loyers Hlm permettent à la fois de rembourser sur une longue durée ces emprunts et de dégager des « bénéfices » (autofinancement) entièrement réemployés dans le financement de l’activité Hlm. En 2010, les fonds propres ainsi constitués ont contribué pour 12 % au financement de la construction des logements sociaux. Cette part a doublé en 10 ans. À travers le remboursement des emprunts et le réinvestissement des fonds propres, ce sont donc bien les loyers des logements existants qui financent les nouveaux logements sociaux. Et pour finir, le reste des investissements est financé par l’Etat. Ces subventions sont limitées et en baisse depuis plusieurs années .. 

Je remercie donc l'OPUS de m'avoir ouvert les yeux et je ne remercie donc pas mes parents de m'avoir parasiter ma vision des choses avec leurs petits à priori étriqués et formatés par les médias. Il est temps de faire bouger les lignes, de donner une vraie identité à ces logements, de favoriser le partage et le vivre ensemble avec des espaces communs... Et si on regarde les projets des architects pour les années à venir, je me dis qu'il est bien loin le modèle HLM des années 60/70, et c'est tant mieux. 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Mon quotidien

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