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Hier soir, je regardais " Tout peut changer" avec mon homme. Outre le fait de savoir que les vaches laitières sont un investissement particulièrement rentable, le sujet qui m'a le plus intéressé, c'est l'immobilier. Avec la grande question de fond : faut-il encore s'endetter pour devenir propriétaire ?

J'ai toujours eu un avis divergent de la majorité de mon entourage - mon homme inclus.

Pour moi, il a toujours été plus logique de louer son logement pour des questions de finances d'abord : on peut adapter les loyers à ses revenus ( si on gagne moins, on prends plus petit par exemple ) , pas de taxes, les gros travaux à la charge du propriétaire... mais aussi de mobilité : quand je vois tout ces papy - mamy avec leur trop grande maison à chauffer et à entretenir une fois les enfants partis, cette incapacité à pouvoir changer de région si on le désir car on n'arrive pas à vendre son bien, se retrouver coincé à cinq dans un F3 parce que c'était la première acquisition ( sur 30 ans !) et qu'à l'époque, jeune et rebelle que nous étions, nous ne voulions pas d'enfants et ainsi de suite ..

Pour moi, la location offre une flexibilité et une certaine liberté que n’offrira jamais l'empreint immobilier pour devenir propriétaire. Ceci dit, j'ai tout de même écouté les arguments de l'opposition. Histoire de voir si j'avais besoin de réviser mon jugement.

Ainsi, quand on achète une maison ( ou un appart' ), cela signifie qu'on "se pose" . Une sorte de point d'ancrage qui rassure dans ce monde instable. Personnellement, ça me ferrait plutôt flipper. On ne sait pas de quoi demain sera fait mais on "sait "qu'on continuera à rembourser son crédit avec une mensualité généralement définie à l'avance. C'est sympatoche tout ça, mais on rembourse comment quand on croise sur sa route divorce, chômage ou encore mutation ? Je trouve que cela devient nettement plus difficile à gérer avec un lourd emprunt immobilier ( parce que bon, en moyenne, les gens font des prêts à 1000 euros par mois sur 30 ans, c'est pas le crédit gentillet non plus, hein ..).

Ainsi, quand on achète une maison ( ou un appart', vous avez compris l'idée) , on joue la carte de la sécurité. On garantit le fait d'avoir un toit sur la tête pour soi et sa famille. Je tique. Et je re-tique. Je repose la question : en cas de soucis financiers avec impossibilité de rembourser les échéances, qu'on doit vendre sa maison dans l'urgence, qu'on se retrouve à la rue, que la banque saisit la maison , tout ça tout ça ? C'est clair que ça vend du rêve, là. Et je ne parle même pas de tout ces gens qui s'endettent un max et dont la maison n'est jamais terminée. La maison du bonheur, version Ricoré, ça devient vite 112 Ocean avenue d'Amityville dans ce cas là.

Ainsi, quand on achète une maison, on est libre. La libertaaaaaaaaaaaa. Parce que " vaut mieux avoir un petit chez soit qu'un grand chez les autres ". En achetant son logement, on n'est pas dépendant d'un propriétaire qui peut décider de revendre son bien en fin de bail, qui peut refuser de faire les travaux nécessaires (* jette un regard en coin à la sienne *) ... De plus on n'est plus dépendant de l'évolution de son loyer. Certes.Mais sérieusement, ce n'est pas passer d'une laisse à une autre ? En étant proprio, on est dépendant de son banquier, de l'évolution des taux en cas de crédit à taux variable, de ses voisins, de l'entretien de son bien immobilier, du marché immobilier en cas de revente...

Et entre nous, mais ça c'est perso, je préfère largement avoir un grand logement qui me plait et que je cocoon à mon goût ( même que je le paie à quelqu'un d'autre ) que de me saigner tout les mois pour un mouchoir de poche où tu peux passer la salière à ton voisin quand tu es assis sur tes chiottes.

Ainsi , quand on achète une maison, on construit véritablement le nid familial. C'est sûr que ça s'inscrit dans la lignée des études, travail, couple, mariage... Et finalement bébé. Une sorte d' engagement qui participe à la construction du couple. Pour certains de mes proches c'était aussi ressenti comme la base à avoir, le nid à partir duquel construire sa famille. Heureusement pour la population mondiale, on n'est pas obligé d'être propriétaire pour être à l'aise dans ses pompes, dans son logement et pour construire intelligemment sa vie de couple et de famille. En plus, je ne fais jamais rien comme tout le monde, donc cet argument ne prévaut pas pour moi ...

Ainsi, quand on achète une maison, on ne jette plus l'argent par les fenêtres. C'est le seul argument qui m'a fait pencher un temps en faveur de l'achat immobilier ( quand on galérait à mort pour trouver un appart', en fait ). C'était pour nous une des seules portes de sortie quand on voyait tout nos dossiers refusés ou même pas étudiés. Ou pas. Puisqu'on à fait deux banques et que " jamais ils ne nous prêteraient de l'argent par les temps qui courent". Et puis, c'était un placement sûr et sensé selon l'entourage. Au final, je ne suis pas certaine que ce soit extrêmement rentable ...Et niveau capital, je pense qu'il est possible d'y arriver aussi, sans être propriétaire. Mais de toute façon, on a une situation tellement tendue du string que ce n'est vraiment pas ma priorité absolue. 

Ainsi, quand on achète une maison, on est conformiste. Et ouais. Quand tout le monde autour de soi dit qu'il faut acheter, que c'est le moment, que c'est mieux pour nous, les enfants, pour l'avenir ( lequel ? ), tout ça, tout ça, j'ai mes envies de rébellion qui se réveillent et qui me soufflent des tas d'arguments pour contrecarer ce rêve de paradis retrouvé partagé par la majorité des gens, à savoir : la maison individuelle souvent isolée en pleine campagne mais pas loin de la grande ville pour les commodités, ou alors l'habitation à deux pas du bourg historique, où tout à été rénové en conservant le caractère des lieux, pas loin de la gare et du dentiste.

Mon arguement imparable là dessus, c'est que vivre en ville et en appartement, c'est super écolo. Et ouais.

Parce que le bon sens commun, qui veut qu'on étale nos maisons partout sur le territoire, c'est franchement limite niveau écologie non ? Avec les routes qu'il faut construire, les arbres qu'il faut arracher, les animaux qu'on prive de leur habitat ect ..Mais les franciliens sont comme "ça". Attachés à la terre, à la maison, à la propriété individuelle.Chacun sa hutte et les poulets seront bien gardés. Un caprice de gaulois quoi. 

 Pour moi, l'amour de la nature devrait nous pousser, non pas à étaler nos habitats dans tout le pays, mais à nous regrouper dans des habitats très denses, si possible des gratte-ciels, comme à New-York ( je sais que je vais radoter avec ce documentaire que j'avais vu mais ça m'a totalement halluciné), Singapour ou Shanghai. Une tour peut être écologique, bien isolée, fonctionnant au solaire et à l'éolien, avec des jardins sur le toit, tout ça , tout ça... Je vais pas revenir sur l'urbanisme vert et tout ce qui gravite autours mais il faut quand même reconnaitre qu'une ville très dense permet de fortes économies énergétiques : transports en commun rationnels, possibilité de chauffage (ou de climatisation) collectif, regroupement des commerces…

Je sais que je dévis légèrement de la question première. Mais pour moi c'est une corrolaire non négligeable. Parce que l'achat immobilier véhicule de nombreuses valeurs psychologiquement rassurantes et agréables. Elles ne peuvent être ignorées même si, pour moi, elles ne sont pas toujours objectivement exactes ni forcément légitimes et encore moins en adéqcation avec l'idée que je me fais du mode de vie que je vois pour moi, mes enfants .. Au final, je crois que plus ça va, plus ça va devenir difficile de me faire changer d'avis sur les avantages de la location. Surtout qu'aux vues des conclusions de l'émission d'hier soir, j'ai amplement raison. 

 

 

Tag(s) : #Humeurs

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