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Je ne sais pas trop comment commencer ce billet.

Je sais juste que je dois mettre de l'ordre dans mes pensées. Que depuis ce matin, ça ne va pas. Que je n'ai pas dormi. Que j'ai ruminé. Que je suis fatiguée. Que j'ai envie de pleurer sans raison. Que je me sens oppressé. Que je dois écrire. Parler. Raconter. Mettre des mots. Coucher mes interrogations sur le papier. Attendre. Voir si certains on une opinion sur la question. Espérer avoir un tilt. Ne plus tourner en rond. Recommencer à respirer. Aller mieux. Trouver un embryon de solution. Soulager ma culpabilité ...

Pour ceux qui me suivent depuis le début, vous connaissez ma situation dans les grandes lignes. Un emploi ( qui ne mérite même pas ce nom au final ), une dépression, des ambitions avortées, des doutes, des doutes, des doutes. L'heure des choix à sonnée. C'est le moment de prendre de grandes décisions. Et là, c'est le néant. Un vide abyssal. Juste un gouffre sans fond où tourbillonne des milliers de questions.

J'ai le cul entre deux chaises. Que c'est inconfortable. Si certains ont des étoiles contraires, les miennes sont sacrément culottées de me torturer ainsi.

Que je vous explique. Actuellement, je tente une rupture conventionnelle de mon CDI. Ce qui veut dire que je vais toucher le chômage. Une brouille en vérité, au vu de mon salaire actuel. Soit. On s’accommode de tout.

Ou pas.

Au bout d'un moment, on se rend compte qu'on a d'autres ambitions.

Non pas que nous vivions mal. Mais si je songe à ce qu'un salaire décent de mon côté apporterait dans nos vies, je pleurerais d'envie.

Des voyages. Autant que je le veux. Des souvenirs. De l'ouverture au monde. Du plomb dans la cervelle.

Un cheval pour mon homme qui rêve d'un petit poney à pois bleus. Non ça c'est pas vrai, mais oui, un cheval quand même. Pour son bien être. Pour son équilibre. Lui, mon chevalier. Non pas en armure mais qu'est-ce qu'il est beau ( et sexy héhéhé ) dans sa tenue d'équitation.

Une garde robe toute neuve pour moi. Ce qui est un brin matérialiste, je le reconnais, mais je commence à souffrir de traîner mes vieux t-shirts qui me vont aussi bien qu'une vielle peau à un serpent entrain de muer.

Un logement. Un vrai beau logement. Celui qu'on a actuellement, une fois rénové. Ou cet attique en ville où je me percherais sur le toit les longues soirées d'été. Avec une balançoire pour mes gnomes. Et une piscine en plastique. Celles qui ont la forme d'un coquillage et qui servent aussi de bac à sable.

Tout ça et plus encore.

Seulement voilà. Un projet bébé embaume dans l'air.

Et là, c'est patatras. Une des chaises vient de s’effondrer.

Parce que moi, oui moi qui est tellement souffert d'avoir une mère qui travaille, je suis incapable de voir les mots travail et maternité dans une même phrase. Impossible à concilier. Mon cerveau se le refuse. Il ferme les yeux, bouche toutes les écoutilles. C'est comme essayer de se faire rencontrer les deux phases opposées d'un aimant. Totalement irréalisable malgré toute ma bonne volonté. J'en veux pour preuve cet article. Si mon choix était si inébranlable, je ne serais même pas entrain de vous raconter la guerre qui se déroule actuellement dans mon cerveau. Car je remets en cause un choix de vie complet.

Je sais bien qu'un choix posé à un moment donné ne l'est pas pour toujours. Que si je m'en suis tenu à cette conception des choses durant tout ce temps, c'est que c'est ce qui me semblait le meilleur - ou le moins pire - compte tenu de la situation et de mon vécu.

Si je réfléchis à ce dont j'ai vraiment besoin là tout de suite , je dirais : gagner plus. Pas beaucoup plus. Mais un peu. Pour le beurre dans les épinards. Pour gagner en qualité de vie aussi.

Ce qui revient à accepter de travailler plus, ou du moins, de trouver un job mieux rémunéré. Ce qui revient à perdre du temps avec mes futurs enfants. De ne pas être là pour eux à chaque instant. De louper des choses sans doute aussi. D'accepter qu'ils puissent être heureux sans moi. Sans ma présence constante. Ce qui me semble surréaliste mais ça, c'est les parasites de mon vécu. Les boulets que l'on traîne. Les conceptions étriquées de l'esprit.

Culpabilité.

Culpabilité de ne pas travailler. De ne pas participer à la vie économique de mon foyer. Culpabilité de travailler. De ne pas participer à la construction affective de mon foyer.

Faire le deuil du non choix m'est actuellement impossible. Je suis dans une impasse. La solution serait-elle dans le temps partiel ? Aucune idée.

Culpabilité.

C'est mon deuxième prénom.

 

Tag(s) : #Humeurs

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