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Ce matin, je regardais la nouvelle campagne de l'ISBR (institut de sécurité routière belge). La vidéo met en scène des personnes à qui un proche a fixé rendez-vous et qui, une fois sur place, se rendent compte qu'elles assistent à leurs propres obsèques. Parce qu'elles ont roulées trop vite. J'ai tiqué. On victimise les bourreaux et les irresponsables maintenant ? Mais j'ai regardé, par curiosité.

Evidemment, j'ai pleurée. Ouais, j'avoue, j'ai pleuré comme une gamine. Pour ne pas dire de manière aussi sincère que si j'avais moi-même perdu ce proche. J'ai sombré. Devant la douleur des familles, devant leur désarroi, devant l'émotion des invités. Devant tout l'amour qu'il y avait dans ces discours et ces supplications.J'ai même totalement occulté qu'à la base, ils s'étaient tués pour une infraction au code de la route et au nom de la connerie humaine qui se veut toujours trop pressée.

Avant, quand je lisais qu'un jeune, un routier, un muche et un machin, s'était tué sur la route parce qu'il : roulait trop vite, avait bû de l'alcool, fait une manœuvre dangereuse, s'était endormi en volant, je me disais : il l'a bien mérité. Parce que quoi, c'est vrai, si on respecte le code de la route, les autres usagers et les recommandations des organismes de sécurité routière, franchement, il y a plus de chance qu'on meurt noyé dans son bain que sur la route.

J'étais conne et naïve.

Avant, ce qui me m'était encore plus hors de moi, c'était de voir les accidents provoqués par ces gens là, eux qui s'en sortent indemne mais qui ont volés des vies. Et je ne parle pas que des accidents mortels, je parle aussi des gens qui en sortent avec des séquelles irrémédiables, des vies ruinées, des familles explosées ...

J'étais conne, naïve et égo-centrée.

Parce que moi aussi parfois je dépasse les limitations de vitesse, parce que moi aussi parfois je roule quand je suis dans un état d'épuisement pas possible, parce que moi aussi parfois je tente une manœuvre en me disant que ça va passer large et que finalement on n'est qu'à un cheveu, parce que moi aussi parfois je grille un feu par flemme de piler au orange, parce que moi aussi j'ai déjà failli renverser un piéton par faute d’inattention .. 

J'étais conne, un point c'est tout. 

Mais surtout, surtout, j'avais oublié. Oublié que ces gens là, eux, moi, on aussi une famille. Une famille qui les aime et qui tient à eux. Une famille qui pleure aussi un ange quand une de ces tragédies arrive. Alors je te le redis avant qu'il ne soit trop tard, lève le pied, ne roule plus jamais trop vite, parce que je t'aime. 

 

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