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On va un peu parler travail, ça nous changera des questions sur la parentalité et des soucis de silhouette.J'ai envie de vous parler de l'intérim. Un choix de vie qui me séduit de plus en plus ...

Comme certains le savent, je suis actuellement en plein cheminement de reconversion professionnelle. J'ai donc eu droit de faire un coucou à la mission locale qui va m'accompagner dans ce cap qui, bien que voulu, reste néanmoins délicat.

Comme en toute chose me concernant, une dualité est venue pointer le bout de son nez. Je l'ai évoquée dans l'article " Mon deuxième prénom est culpabilité". C'était il y a un peu plus d'un mois. Depuis, j'ai eu le temps de décanter les choses, avec mon homme, avec ma conseillère ,avec ma psy et avec vous ( merci Kiwi ! ♥) .

Avec une grosse prise de conscience, il y a peu en analysant ce que je cherchais dans mon désir d'être mère. Oui, je sais, on a dit qu'on parlait travail, mais j'y viens, j'y viens.

Donc, ce que je cherche en étant mère : une reconnaissance. Un statut social. Me sentir vivante, importante et utile, indispensable. Etre actrice de ma vie et non plus simple spectatrice. Avec la question qui est tombée comme un couperet :

Si j'avais un boulot me passionnant, me permettant de m'accomplir et m'apportant cette stabilité que je recherche tant, est-ce que le désir d'enfant serait aussi fort ?

Bombe.

Sur le coup, j'aurais voulu m'offusquer. Les mépriser pour oser insinuer que je ne voudrais des enfants que pour combler ce vide intersidéral dans ma vie. De ne vouloir des enfants que pour, enfin, rentrer pleinement dans une catégorie sociale. De ne vouloir des enfants que pour donner corps et sens à tout mes actes du quotidien.

Pourtant, je n'ai rien dis.

Les mots ont juste raisonnés dans ma tête, tourbillonnant dans tous les sens, se vidant peu à peu de leur substance, pour en arriver à la conclusion que, non, que le désir d'enfant serait toujours là, mais qu'il serait moins impérieux. Moins total. Que je pourrais prendre patience et préparer leur avenir au mieux. En ne les investissant pas autant. En ne faisant pas reposer sur leurs petites épaules mon unique bonheur et en ne faisant pas dépendre d'eux la sensation d'accomplissement et de réussite de ma vie.

Parce que, d'un coup, ça m'a semblé d'un égoïsme sans nom.

Parce qu'ils méritent mieux que ça comme mère.

Parce que je vaux mieux que cette image qu'ils auront de moi. Cette image de mère étouffante, malade affective, sans cesse au bord du gouffre qui explose de joie à chacun de ses progrès et s'effondre à chacun de ses problèmes. De cette mère qui vit sa vie par procuration.

Oui, il mérite une mère équilibrée et épanouie, indépendante, fière des choses qu'elle accomplit.

Cette chose étant dite, il était temps de se poser la question du travail à voix haute. Si j'avais bien dans l'idée de demander mon agrément d’assistante maternelle, je me suis gardé cette option pour plus tard, quand je serais mère et que je pourrais regarder grandir, sereinement, mes enfants. Pour mon homme, il était de toute façon inconcevable que je m'enferme déjà entre nos quatre murs et vu les difficultés que je rencontre actuellement à ce sujet, je ne peux que rejoindre son opinion.

Il faut que je sorte, que je vois du monde.

Je n'avais pas envie de quitter totalement le monde de la petite enfance.

Déjà parce que je l'affectionne tout particulièrement, en dépit des circonstances, et ensuite, je n'avais pas particulièrement envie que mes cinq ans d'expérience dans ce milieu passe à la trappe. Une formation dans la vente me semblait alors une solution intéressante. Afin de travailler dans un domaine porteur, tout en apportant mes connaissances sur le secteur. Projet validé par ma conseillère d'orientation, à condition que je fasse trois semaines de stage pour me confronter à la réalité du métier. Il n'y a plus qu'à ...

Et l'intérim dans tout ça ?

Il faut dire que j'ai bien été échaudée par les conditions de travail "classiques". Le saint CDI ne passera plus par moi.

De mon point de vue, l'intérim n'est nullement un " sous travail " comme certains le prétendent, et je lui suis d'ailleurs bien reconnaissante d'avoir offert à mon homme ses premières armes dans le milieu du travail (et de nombreux week end en amoureux grâce aux indemnités de fin de mission).

Pour moi, l'intérim offre de nombreux avantages que j'aurais tort de négliger.Je pourrais bien sûr citer le salaire (bien que dans mon cas, ça soit compliqué de faire pire qu'actuellement) qui ,à poste équivalent, est plus élevé qu'en contrat de travail classique.

Mais je mettrais plutôt en avant la souplesse qu'elle procure. J'ai du mal avec la routine, j'aime énormément la variété (globalement, je m'ennuie vite et au bout de six mois, j'ai souvent l'impression d'avoir fait le tour de la question) et j'apprécie l'idée de naviguer d'entreprise en entreprise, de changer de collaborateurs, de voir de nouvelles têtes et de nouvelles méthodes de travail, de m'enrichir à chaque fois un peu plus de ces nouvelles expériences et de pouvoir partager mes découvertes avec d'autres. Curiosité, autonomie, adaptation. Des mots qui me collent à la peau.

L'autonomie, on peut aussi en parler. Gérer mon temps, tenir compte de mes priorités ( familiale entre autre) , avoir le choix d'accepter ou non une mission, des horaires, des objectifs, choisir si on va bosser une semaine ou deux ou trois, de bosser 15 heures ou bien 40, de faire une pause pour me former ou pour partir en voyage hors saison, de suivre mon homme qui envisage une formation dans une autre région durant 7 longs mois, sans avoir de compte à rendre à personne si ce n'est à soi... je ne pense pas que tout le monde puisse en dire autant.

Cependant, je conçois que l'intérim ne soit pas une solution viable pour tous. D'ailleurs, je ne me pense pas que je me permettrais ce " luxe " si mon homme n'avait pas de son côté un travail stable assurant un salaire fixe tous les mois. Cela reste une situation souvent précaire, instable, sans possibilité de voir sa carrière sur le long terme. Mais c'est un choix professionnel qui me semble bien plus viable actuellement que de repartir pour un autre CDI.

 

Tag(s) : #Humeurs

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