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C'est cette jolie phrase de Brel (découverte grâce à Pilamie) qui m'inspire ce billet. Je viens d'avoir 24 ans. Plus une adolescente. Pas encore vraiment adulte. Quand je pensais à mes 24 ans en en ayant 15, je me voyais mûre, posée, avec un bon boulot, un chéri voir un mari, un appartement, une vie épanouissante, et pourquoi pas des enfants.

Maintenant que j'y suis, j'ai envie de rire. J'ai un chéri (le plus important, on est d'accord) et l'appartement (mais pas depuis si longtemps que ça), je n'ai plus de travail (et le précédent à été un fiasco), pas d'enfants (et je ne suis pas prête d'en avoir puisque la question d'une reprise d'études un peu longue se pose chaque jour un peu plus) quant à la vie épanouissante ...

Elle est à mille lieux de ce que je m'étais imaginée. Etant timide et réservée plus jeune, je me voyais avoir trouver la clef de la confiance en moi, débordante d'assurance, faisant des barbecues entourées d'une bande de potes à la sauce Friends, je me voyais fine, débarrassée de cette couche moelleuse de graisse protectrice, je me voyais vive, pleine de bonne humeur et de créativité ...

La vie à fait que.

Je suis tombée tellement bas que plus personne ne me voyait. J'étais une ombre. J'ai sombré dans l'anonymat, me contentant de faire taire au mieux mes angoisses démoniaques qui me muraient chaque jour un peu plus dans un rôle que j’exécrais. Tellement peu moi. Et en même temps, tellement moi quand même. Je voulais revenir. Détacher ses nœuds invisibles que la convention sociale avait nouée en moi à force de " ce n'est pas de ton âge, t'as pas honte ? Tu es une vraie gamine ! " " Grandis un peu " " Tu as vraiment deux ans dans ta tête " et autres gaietés du même genre. Je voulais revenir mais je n'y parvenais pas. Dès que je tirais sur un nœud, un autre se serrait un peu plus. Je n'étais plus rien, plus personne, avec ma peine, ma colère et ma douleur comme unique royaume.

Et un jour, par je ne sais quel hasard, j'ai recommencé à monter la pente. Au lieu de me laissé glisser. Tout aussi soudainement que j'ai commencé à déraper, je me suis mise à m'accrocher aux branches, aux cailloux, à lutter contre ce vide terrifiant. J'ai lu. Beaucoup. J'ai écouté. Beaucoup.Je voulais retrouver ses jours simples où il suffisait d'un peu d'imagination et de douceur pour être heureuse. Je voulais retrouver cette âme d'enfant que j'avais abandonné à contre-coeur pour faire plaisir aux autres.

Notre âme d'enfant.

S'émerveiller d'une multitude de petites choses devenues invisibles aux yeux des adultes. Ces choses anodines de la vie quotidienne mais qui tiennent pourtant de l'extraordinaire. Rêver. Rêver encore et toujours. Croire aux fantômes, aux fées, aux lutins. Se dire que les légendes ne sont pas des légendes par hasard et qu'il n'y pas de fumée sans feu. S'extasier aux rayons jouets devant la douceur des peluches ou sur la beauté d'une poupée. Jouer. Tout le temps. Avec mon homme dans la voiture ( à " devine à qui je pense ? ") , avec ma sœur au petit bac,sur la terrasse, aux cartes, ... ou même toute seule sur mon PC. Chanter. Même des chansons Disney. Danser sur une musique de parking juste parce que ça me démange. Faire beaucoup de mousse dans mon bain pour m'admirer avec une moustache et des cheveux crépus. Dormir avec des peluches. Et assumer. Faire des pieds et des mains pour aller au cinéma voir les nouveaux films pour enfant. Faire un gâteau et dessiner dans la farine. Cueillir des pâquerettes et savoir s'il m'aime un peu, beaucoup ou passionnément. Attendre avec impatience Halloween et Carnaval pour pouvoir se déguiser. Craquer sur un porte clef complètement kawaï. Faire des repas totalement régressif à base de pâtes au ketchup. Construire des cabanes dans les arbres ...

Parce qu'honnêtement la vie est bien assez difficile comme ça, pleine de désillusions et de malheurs, pour qu'en plus on se passe de ces petits bonheurs quotidien. Et je ne sais même pas comment j'ai pû laisser la société et les conventions sociales éteindre cette petite flamme ... J'étais une adulte. Une adulte asphyxiée. Asphyxiée de responsabilités, de devoirs,d'engagement, soucieuse (bien trop soucieuse) de l'image qu'elle devait renvoyer aux autres chaque jour ..Sous peine de me voir classer dans la catégorie " inadaptée " voir pire " inadaptable ". Et c'est comme ça que je me suis reniée. Que je me suis perdue. Alors, je dis stop. Et je dis oui à la rhéabilitation de l'enfance dans ce monde de barjots. Dans le monde du travail ( Google l'a bien compris. Et on voit bien ce que ça donne. Des projets collaboratifs géniaux). Dans l'intimité. Partout. Tout le temps. Parce que la valeur n'attends pas le nombre des années.

 

 

Tag(s) : #Humeurs

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