Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

En ce moment sur Facebook circule une vidéo extrêmement touchante. Celle d'un petit garçon qui demande à sa mère pourquoi il faut tuer des animaux. Parce que " je n'aime pas qu'ils meurent,j'aime bien qu'ils restent debout et heureux". On est d'accord. Moi aussi j'aime voir les animaux debout et heureux. J'adore voir mes poules gambader dans le jardin, les vaches se dorer la pilule au soleil...

Pourtant, je mange de la viande.

La réalité est terrifiante. Inhumaine. Poulets ébouillantés vivants, porcs mutilés, poissons d’élevage dévorés vivants par les poux de mer, oies gavées d'une manière tout à fait abjecte, chevaux malades transformés en viande hâchée…

Tous sont malades, gavés d’antibiotiques nocifs pour notre propre santé.Selon un rapport de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de 2009, 97 % des carcasses de gros bovins présentent des meurtrissures provoquées par des bâtons, preuves qu’ils ont été frappés avant d’être tués. Et on justifira ça d'un simple: « Dans l’élevage et l’abattage industriels, en dépit de quelques avancées, impossible d’assurer le bien-être des animaux. »

Alors oui, j'ai été horrifié quand j'ai appris ça. J'en ai même vomis au visionnage de certaines vidéos. J'ai pleuré. Je me suis juré de ne plus toucher un seul bout de viande et je l'ai fais.

Puis je suis tombée malade, j'ai été hospitalisé pendant un long mois, et on m'a bien dit que tout mes problèmes venait du fait que je ne mangeais plus de viande.Que mon organisme était fatigué. Que je perdais en masse musculaire. Alors, j'ai recommencé. Pour mon bien. Parce que ça fait partit des apports journaliers. Parce que c'est une obligation dans les menus diététiquements corrects ( viande + légumes + féculents + fruit + laitage). Et j'ai occulté. Que la tranche de viande dans mon assiette était un joli petit veau et que cette merguez était elle aussi un agneau.

Et puis, pour être franche avec vous, il m'était parfois très difficile de ne pas saliver devant un bon steack frite ou un beau poulet grillé. 

C’est que le goût de la viande n’est pas seulement lié à notre nature de carnivores. Oui,oui, à l'époque où on chassait le mamouth. Ce goût là ,il fait partie de nos histoires, des traditions culturelles dont nous sommes issus, il s’ancre dans nos souvenirs d’enfance. La France est une terre agricole. Une terre d'élevage. Un pays qui a construit sa gastronomie autours de la viande et du fromage. Y renoncer n’a rien de facile. En tout cas, pour moi. C'est se couper en partie des traditions familiales (ou de son bagage culturel) et personne n'a envie de renier sa famille (ou la gastronomie de son pays) parce qu'elle mange de la viande. 

Pourtant des arguments contre la viande (outre le bien être animal, qui coule de source), j'en ai un paquet dans un coin de ma tête.

On sait aujourd'hui que la consommation de viande produit à elle seule plus de gaz à effets de serre que l'ensemble des transports sur la planète. Que chaque côtelette en barquette est un immense gaspillage d'eau (15 500 l pout un kilo de viande). Sans parler du grignotage des terres sur lesquelles (5 a 10 % plus étendues que celles utilisées pour obtenir  la même quantité en protéine végétale) on construit ces énormes élevages industriels, les transports, la fabriactions des emballages ... L'argument humanitaire mérite aussi qu'on s'y attarde, puisque les trois quarts des terres agricoles mondiales sont destinées au bétail que seule une minorité déguste. Tout ceci n'est clairement pas viable à terme. 

Alors, je me pose la question. Le végétarisme est-il la seule solution qu'il nous reste ?

Pour mon homme, cela semble très difficile. Il voit dans le régime végétarien un aspect privation/frustration qui est difficilement acceptable pour lui dans notre époque hédoniste et libertaire, où tout est disponible à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Il y aussi cette idée que manger végétarien s'apparente à manger des légumes bouillis matin, midi, soir. Et surtout que ça prive d'une certaine convivialité. Un bon BBQ en famille, une tarte flambée dans une kermess, un bon tartare au restaurant avec des amis ... 

Je suis d'accord avec lui, dans une certaine mesure et en étant très nuancée.

D'ailleurs, je le "piège" parfois en lui servant des petits plats à base de protéine de soja et il n'y voit que du feu. Histoire de le mettre dans le bain car il est vrai que manger de cette manière là, quand on n'a pas appris, ça peut vite devenir extrêmement contraignant et prise de tête au quotidien , alors qu'un jambon - purée - salade de carottes nous ferraient très bien l'affaire avant de foncer sous la couette (et si je rajoute à ça que l'offre dans ce domaine est quasi nulle en campagne, là, on n'a vraiment plus envie de faire des " efforts"). 

Alors, il semblerait que je vais tendre vers la famille des fléxitariens.  Ce qui, pour un végétarien, n'a pas de sens : soit on mange des animaux, soit on n'en mange pas.  C'est un point de vue que je comprends parfaitement mais ce choix de vie se base sur ma politique personnel du non- renoncement ( être écolo, oui, mais sans que ça affecte mon confort, travailler, oui mais sans que ça empiète sur ma vie de famille et ainsi de suite). Je ne veux ni renoncer aux BBQ en famille, ni renier ma conscience écologique, sanitaire, ou mon attachement à la cause animale. Avec une seule et belle idée en toile de fond : apprendre à me déconditionner de cette alimentation bien trop carnée. 

 

 

 

 

Tag(s) : #Humeurs

Partager cet article

Repost 0