Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

« Tu as encore bien le temps », c'est la phrase favorite de ma mère ces derniers temps.Oui, c’est vrai. Mon horloge biologique n’est pas en train de s’affoler, l’alarme du « attention, dans 5 ans, ce sera peut-être trop tard » n’est pas en train de sonner. Cet ultimatum est encore bien lointain.

J’ai 23 ans, bientôt 24, un âge auquel la plupart des gens sont encore bien loin de ces préoccupations. Un âge auquel la Norme&la Morale considère que c’est inconscient de se lancer dans cette aventure unique : si on n’est plus tout à fait la mythique maman ado je-m’en-foutiste, on est encore dans une sorte de vague de jeunisme débridée qui tisse sa vie entre le boulot,les mecs,les soirées en boîte ou entre copines, les vacances en club pour la déconne.. A milles lieux des responsabilités que signifie l'arrivé d'un enfant.Vraiment pas mature. Vraiment pas adultes. Pas forcément posé dans la vie. Mais, pour moi, la question de l’envie d’enfants ne résonne pas uniquement par rapport à une date buttoir. Elle résonne aussi par rapport à depuis quand cette histoire nous travaille, et par rapport à sa force.

Oui, j’ai envie d’avoir des enfants. Ce n’est pas une vague idée qui m’est arrivée dessus gentiment, en voyant les enfants de mes proches. Ce n’est pas un « ah, quand même, c'est trop mignon… », comme lorsqu'on voit un chaton et qu'une pointe d'envie vient tortiller, et qui revient dans la tête une fois par trimestre, quand je les vois. D'ailleurs, je conseillerais à tous les futurs parents de faire le CAP Petite Enfance et de travailler un an dans une crèche. Je pense que ça en calmerait la plupart. 

Je veux des enfants. Très fort. C'est une envie de celle qui fait faire des montagnes russes à ton estomac… Et qui, oui, est encore augmentée par la venue de tous les minots de l’entourage, forcément. T, mon little bouddah, je t'adore.Cette envie me travaille depuis bien longtemps. À l’âge où les filles commencent à s’intéresser aux garçons, j’étais déjà passée au stade où la maternité me titillait. Fortement. Baby-sitting powa.

J’ai toujours pensé que je serais maman très jeune. Finalement, à 17 ans (âge auquel je pensais devenir mère, quelques années plus tôt, genre en sixième quoi et que j'étais raide dingue de ce craneur d'italien), il n’y avait pas plus de bébé que de papa. À 20 ans (âge vers lequel j’avais reculé ma « limite », quand j’ai eu une quinzaine d’années, tellement cela me semblait loin), pas de bébé, mais un papa potentiel, avec qui je vais me pacser bientôt.

Je ne regrette pas de ne finalement pas avoir eu d’enfants à cet âge. Ça s’est fait comme ça, ce n’était pas possible, voilà tout. Aucune des circonstances raisonnables nécessaires (appartement, travail, couple stable) n’étaient réunies. Heureusement que la vie ne suit pas toujours la planification parfaite qu’on s’est imaginé auparavant. Parce que sinon, j'aurais déjà mes 4 gnomes, une maison et des chèvres dans le Larzac ...

Mais toujours est-il que depuis les « quand je serais grande » de petite fille à aujourd’hui, en passant par l’envie violente et trop précoce, le temps a coulé. Je ne viens pas juste de me réveiller en me disant « tiens, en fait, je ferais bien un bébé ! ». Ce que la majorité des gens ne semblent pas percuter, malgré le fait que j'ai joué à la poupée depuis que je sais marcher, que je travail dans la petite enfance, que la moitié de ma bibliothèque croule sous des livres à ce sujet, que je suis des tonnes de formations pour être " au top "...

Mon Dou aimerait beaucoup se lancer dans l’aventure, lui aussi. On s’était dit qu’on commencerait à essayer de faire un bébé après notre pacs. Un bébé pour l'année des 25 ans. Et puis finalement, après de nombreuses discussions et un chômage pas très reluisant qui me pend au nez, des difficultés financières à venir, le fait que notre propriétaire ne veuille pas d'enfants dans son appartement, et une petite vie à deux toute neuve qu'il savoure grandement, il m'a dit qu'il préférait " attendre encore un peu".

Pour moi, septembre 2014 c’était déjà bien loin. Mais c’était histoire d’associer ça à un moment symbolique, notre nouvel engagement, tout en profitant pour mettre quelques sous de côté en amont, et en prenant le temps de bien s’installer.

C’est un rêve qui s’envole. Repoussé à une date ultérieure. Dans pas trop-trop longtemps non plus. Le temps qu’il faudra pour peut être déménager à nouveau, s’installer, trouver un équilibre financier. Dans pas trop-trop longtemps… J’espère.

A mon grand soulagement,. de temps en temps, cette obsession me laisse un peu tranquille. Elle est là, mais elle ne me tiraille pas. Lorsque cette envie devient fulgurante, j’essaye de la cacher tant bien que mal dans un grand sac nommé « raison ». J'arrive même à me persuader parfois, du bien fonder de ces décisions, avant qu'un grand raz-le bol fasse à nouveau tout vaciller. Que je pète une pile, que mon homme me ramène sur Terre et ainsi de suite ..

Lorsque je pourrais sortir l’envie de ce sac, j’espère fort ne pas avoir à l’enfouir à nouveau, dans un sombre sac nommé " infertilité". Chez nous, ça fait légion. OPK. Utérus rétro-versé. Des traitements à gogo .. L’envie est tellement folle, intense, dénuée de sens, que je peine à imaginer (ou alors au contraire je n'imagine que trop bien) combien elle doit être douloureuse lorsqu’il faut la ravaler, alors que tout le reste est prêt,qu'on a le bon âge, la situation qui convient à laNorme&laRaison, qu'il n’ya plus rien à redire.

Je connais ce cœur qui se sert, les soupirs, les larmes… Et malgré tout, toujours les sourires émus devant les enfants des autres. Mais cette fois, sans le « bientôt, bientôt » qui peut venir mettre un peu de baume au cœur… parce que, finalement, on ne sait même plus si ce « bientôt » pourra venir. Cela me terrifie.

Chacun trouve le fil conducteur de sa vie. L'artiste réalise son oeuvre, le bâtisseur créé, le musicien se nourrit de ses notes, l'humanitaire va au-devant des plus démunis, les religieux prient pour la Terre entière,le routard parcourt le monde, l'écrivain invente des vies... Tous cherchent puis trouvent leur chemin de vie. Chacun peut dire pourquoi il existe. 

Sur ce coup là, j'ai été d'une banalité totale. Mon chemin, ma réalisation, ma légende personnelle, c'est ma vie de famille. Des enfants, des étoiles qui te guident, qui te font grandir, qui t'emmènent pour un voyage au bout du monde dont tu reviens changée, transformée, irradiée, marquée dans le coeur et dans la chair...

Tag(s) : #Humeurs

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :