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... Peut-être que je n'aurais plus envie de voyager.

Parce que les voyages sont l'éducation de la jeunesse et l'expérience de la vieillesse. Je viens d'une famille de voyageurs.

Ma mère à vécu en Belgique, en Afrique, dans plusieurs régions de France, ma marraine à longtemps eu la bougeotte, mon père a sillonné la France en temps que déménageur,mes grands- parents ont vécu en Arabie, ma tante a fait des roads trips de folie avant de poser ses valises en Suisse, mes parents partent fureter dans le monde au minimum deux fois par an, ma mamie faisait des voyages (religieux, mais quand même, je ne pense pas que beaucoup de gens de son âge ont vu autant de choses) avant que la chimio la cloue chez elle ..

Je pourrais continuer longtemps comme ça.

Par manque de moyens, et par un esprit casanier handicapant, je ne me suis découvert une passion pour les voyages sur le tard. Avant, ça ne m'intéressait pas. Avant, je voulais me lever le matin et être sûre de retrouver mon clocher en revenant le soir. Je voulais des habitudes. Je voulais de la stabilité dans ce monde qui ne l'est pas.Je ne voulais pas quitter le familier, le balisé, le routinier. Je voulais rêver. Qu'un jour, j'irais dans ces pays qui faisaient battre mon coeur et qui me transportaient dès qu'on en parlait dans les livres ou que je voyais un reportage à la TV. Je m'imaginais en grande exploratrice, teinté de Lara Croft, tout en restant bien douillettement lové dans mon canapé.J'ai toujours beaucoup voyagé, en fait. Par procuration et dans ma tête.

Rêver, lire, contempler, plonger dans les tréfonds de moi même pour mieux me connaitre. C'était ça, ma plus grande aventure, durant les cinq dernières années. Je faisais de grands voyages immobiles. Ma quête de sens était insatiable (et elle l'est encore quand je rechute ). Pourquoi suis-je là ? Pour devenir qui ? Pour en faire quoi ? Et les pions n'étaient pas dans la balance positive. D'ailleurs, ils n'y sont toujours pas.J'étais spectatrice de mon monde. Et cela me convenait très bien.

Puis j'ai rencontré mon homme. On a galérer. Trouver un emploi, le garder, se stabiliser. Lui. Puis moi. Puis de nouveau lui. Et enfin à nouveau moi.Pourtant, il a ouvert une porte. Celle de l'évasion.Je ne suis jamais autant partie (dans tous les sens du terme) que depuis que je le connais. Pas forcément loin. Pas forcément longtemps. Mais je suis partie pour ensuite mieux revenir.

Pour revenir apaisée de la curiosité dévorante de l'ailleurs.

Des paysages, du patrimoine, des rythmes de vie, des légendes, des cultures, des habitudes, de l'histoire..Pour revenir sereine. Pour revenir fière d'avoir reléguée mes angoisses assez loin pour profiter du voyage. Pour avoir envie de repartir. Plus longtemps. Plus loin. Plus intensément.Pour revenir plus libre, plus autonome, plus proche de moi (et de lui), plus en accord avec moi même et avec ma nature nomade que j'ai tellement de mal à apprivoiser. Pour revenir complète, avec une impression de légitimité grandissante. Pouvoir dire que j'y étais, pour échanger, pour informer, pour conseiller, pour remplir ma tête de jolis souvenirs et d'expériences qui prennent des tournures épiques à force d'être racontées et entendues. Pour avoir des références, du plomb dans la tête.

Et aujourd'hui, j'ai envie de tout voir.

De tout sentir, de tout ressentir, de tout immortaliser, de tout vivre. J'ai envie d'apprendre, de comprendre, de tester.Je veux être émerveillée et surprise Je veux m'immergée dans des cultures et des pensées étrangères aux miennes.Je veux remplir les malles à souvenirs dans ma tête. Je veux avoir des choses à raconter à mes enfants.Je veux affiner ma connaissance de ce monde. De ce qui m'entoure. Des gens qui y vivent. Je veux savoir de quoi je parle quand je me lance dans une discussion.Je veux avoir du poids. La curiosité me pousse en avant, de plus en plus loin dans mes retranchements. Je ne peux plus m'empêcher de chercher, de m'informer quand on me parle d'un lieu, d'un pays, d'une ethnie, d'une coutume.

Il faut bien se faire une raison. Il y a peu de chance que je ne ferrais jamais le tour de notre Monde.

Les pays qui se morcellent, comme dans un puzzle gigantesque que je cherche à reconstruire dans mon cœur, sans cesse changent et évoluent. Mais j'ai soif. Soif de découverte. Je veux continuer à fouiller, sillonner le monde sur des routes déjà parcourues ou trouver des détours oubliés. Je veux trouver de nouvelles routes qui me ramènent à mes ignorances, des routes qui titillent encore cette curiosité maladive d'en savoir plus. La somnolence et le canapé ne sont plus de mise. La valise, qui n'est jamais réellement rangée, me lance continuellement des invitations auxquelles j'ai de plus en plus de mal à résister, tellement elles se font pressantes.

Je veux aborder le monde d'une manière intelligente. Comme une éponge qui s'imbiberait de tout ce qu'on veut bien lui donner, en oubliant un moment ma culture, mes habitudes, mes convictions et mes aprioris. Des dizaines de destinations m'attendent, mais je garde toujours à l'esprit que l'aventure commence au pas de ma porte.

    

        

Tag(s) : #Mes tribulations

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