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Hier après midi, je suis allé voir Planes 2, que j'ai trouvé planant mais là n'est pas vraiment la question, ou peut être que si, je ne sais pas.

Si je vous en parle, c'est parce que ce film m'a poussé dans une réflexion tout autre. Oui, j'arrive à avoir des remises en cause philosophique en allant voir un film pour enfant et alors ?

Je m'explique : pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, Dusty, un petit avion d’épandage veut devenir une star de rallye ( ça c'est dans le premier film ) et il y parvient avec beaucoup de courage et d'entrainement. Dans ce second volet, il est au sommet de sa gloire quand son moteur se retrouve endommagé et, de fait, ne peut plus participer à une course. C'est là que commence toute la réflexion: que devient on quand notre plus grand rêve se retrouve brisé ? Que devient notre vie quand l'on ne peut plus faire se pourquoi on s'était destiné ? Que la vie n'épouse pas la route que l'on avait tracé ? Pour Dusty, le salut viendra de sa reconversion en soldat du feu ( pour le reste, allez faire une petite séance d'aviation dans votre cinéma favori, c'est vraiment sympa !).

Je me suis alors demandé ce que serais ma vie si elle ne suivait pas le chemin que je trace actuellement pour elle. Celui dont je vous ai parlé ici. Après tout, je n'ai pas la prétention de dire si oui ou non je pourrais avoir des enfants. Ni même combien. Et cela n'a rien à voir avec une aptitude physique ( quoi que dans ma famille, on est plutôt mal loti). C'est plutôt une stabilité mentale et émotionnelle qui manque à l'appel. Et puis,ma vie, pour le moment, prends des chemins de traverse que je n'aurais imaginé. Parce qu'au fond, je ne suis sûre de rien. Parce qu'il y a cet autre chemin qui pourrait bien être le mien au final.

Une vie sans enfants.

Voilà ce à quoi j'ai songé jusqu'à tard dans la nuit.

J'y ai déjà songé plusieurs fois, superficiellement.

Pour des raisons évidentes (la dépression et mon incapacité à gérer tout ça), pour des raisons moins évidentes (des peurs viscérales que j'ai du mal à contenir) , pour des raisons rationnelles (est-ce vraiment ce monde que je souhaite pour mes enfants ?) pour des raisons irrationnelles (et si ma vie était autre, en voudrais-je encore, des enfants ?) . mais je ne m'étais jamais pris le temps de poser concrètement les jalons de ce que serais une vie sans enfants.

Il y aurait les voyages, des tonnes et des tonnes de voyages. Il y aurait mon nouveau boulot et mon projet d'ouverture de ma propre structure ( et ça, ma petite dame, c'est du temps plein ), il y aurait mon homme, son cheval, ses weeks ends compétition, il y aurait nos autres animaux, il y aurait le jardinage,la cuisine le sport, la couture, il y aurait la famille, les amis et il y aurait les enfants.

Et oui !

Il y aurait ces enfants que je verrais grandir tous les jours, que j'accompagnerais dans leur autonomie et dans l'apprentissage de la vie, avec qui je jouerais, ces enfants que je consolerais, que je nourrirais, que je changerais, que je bercerais pour qu'ils s'endorment, ces enfants à qui je transmettrais des valeurs, des idées, des envies, ces enfants que, en un sens, j'éduquerais, ces enfants qui ne sont pas de mon sang mais qui sont fondamentalement dans le coeur et dans l'esprit parce qu'on partage une grosse partie de leur vie et eux la nôtre.

Je me suis d'abord demandé si cela me suffirait. Si je serais comblée avec ce genre de vie.

Bien sûr que cela pourrait être suffisant. Je connais des personnes pour qui c'est le cas. Elles adorent les enfants, ce sont les meilleures professionnelles que je connaisses, elles sont douces, créatives, généreuses, enjouées, mais elles ne veulent pas d'enfant. Ce qu'elles reçoivent comme amour dans le cadre de leur travail suffit amplement à combler leurs instincts maternels. Elles se réjouissent d'ailleurs d'avoir cette vie là. Tous les avantages des enfants sans les inconvénients me disent elles en riant. Alors, oui, bien sûr que cela pourrait être suffisant.

Je ne peux pas nier, je ne peux même pas contrer ces arguments car je me suis déjà réjouie de ce rythme de vie par le passé. Heureuse de mon travail mais heureuse de retrouver le calme de mon chez moi, mon chat et mon homme rien que pour moi. Ravie d'avoir fait des tortues en pâte à sel toute la semaine et de partir en week end sur un coup de tête sans rien devoir à personne. Heureuse de faire une après -midi mac do / piscine avec mes jeunes cousins mais aussi ravie de pouvoir me coller au lit avec un roman en rentrant ...

Ce n'était donc pas la bonne question.J'ai essayé une autre formulation: qu'est-ce qui ne va pas dans ma vie actuelle et que les enfants viendraient combler ?

La solitude, bien entendue.

Spontanément et sans aucune réflexion.

Quand je suis entourée, il n'y a pas ce besoin pressant de constituer un clan.Je me contente de celui d'autrui. Même en duo, je me satisfait relativement bien de la présence d'autrui. Mais quand on avance en âge, on est fatalement obligé de faire avec la disparition des uns et des autres, proche ou moins proche. Et ça me fait une peur bleue. Si je m'imagine seule, dans un âge avancé, si je me vois n'ayant plus mon homme à mes côtés, alors une vague d'angoisse me submerge toute entière, me tordant le ventre, faisant pousser un pamplemousse dans ma gorge, affolant mon palpitant, les larmes piquant aux bords des yeux..

C'est une raison ridiculement pathétique et égoïste de faire des enfants. S'assurer une présence quand la vieillesse frappera à la porte.Surtout que la vie ne garanti en rien cela. Peut être qu'ils seront loin, peut être qu'on ne se parlera plus, peut être qu'ils partirons avant nous ...Et rationnellement, je trouve de très bons arguments pour me sortir de cette impasse : m'engager dans une association, devenir nourrice agréée ( les mamies nourrices, ça cartonne et mon Cv sera irréprochable, c'est clair), continuer à avoir des loisirs adaptés à mon âge et ainsi de suite, mais rien n’apaise cette trouille abyssale.

Et ensuite ? On peut bien continuer à pousser la réflexion ??

La peur de regretter. Me dire que ma vie aurait été beaucoup plus intense et remplie, beaucoup plus utile, beaucoup plus heureuse, beaucoup plus tout si j'avais élevé des enfants. Avoir le sentiment d'avoir accompli au moins une chose de concret et de positif lors de mon passage sur cette Terre. Avoir la fierté d'avoir occupé une place importante et reconnue dans la société. Ce qui renvoi au chapitre un . Une autre raison ridiculement pathétique et égoïste de faire des enfants. Comme si les enfants étaient un faire valoir de réussite sociale et le moyen ultime de ne pas regretter sa vie. Parce que si je sais qu'un enfant est un gros pourvoyeur de bonheur, c'est aussi pleins d'autres choses beaucoup moins agréables. L'avantage de travailler avec depuis des lustres...Et je sais aussi que j'idéalise beaucoup trop ma future vie de famille ( le côté Ricoré et tralala) pour échapper à la désillusion de la réalité. Je parlais déjà de ça ici.

Au final, je ne sais plus quoi penser.

Un jour oui, un jour non.

Hier, je gagatisais devant les bodys dégoulinants de mignonitude, ce matin ,en faisant mes courses, j'étais ravie de ne pas me trimbaler trois gnomes hurlant dans le sillage ...Un jour, je parle de notre futur avec enfants, le suivant, je fais remarquer à mon homme que " ça ", ça sera fini quand ils seront là et c'est toujours avec une pointe de regret, un jour, je me vois avec un beau ventre rond, un autre, j'en pleurerais presque à l'idée du poids que je vais prendre, un jour, je me dis que je pourrais y arriver, le lendemain, je sais que je ne pourrais jamais supporter leurs pleurs, un jour de retard de règles, j'ai peur d'être enceinte, puis déçue que cela ne soit pas le cas,un jour, je me dis que je ne serais pas capable d'élever mes enfants dans ce monde là puis je me dis que ça doit quand même être franchement magique pour qu'autant de gens se lancent dans l'aventure,parfois je me dis que cette vie me convient parfaitement, puis je me dis qu'elle serait cent fois mieux avec des enfants ..Au final, je ne sais pas celle que je veux être et l'ambivalence deviendra bientôt mon signe identitaire... Mais, comme d'habitude et comme pour tout le reste, ça sera la vie qui tranchera, il va bien falloir s'y faire ...

                                 

Tag(s) : #Humeurs

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