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Actuellement, mon désir d'enfants est en sourdine, j'ai décidé de laisser le temps au temps, de me consacrer à d'autres projets qui me tiennent à coeur ... 

Cependant, je discutais l'autre jour avec une jeune femme d'environ mon âge, travaillant dans l'humanitaire, qui me disait que, si elle désirait avoir des enfants, elle ne les aurait pas biologiquement mais qu'elle se lancerait dans des procédures d'adoption, même en se sachant capable d'avoir un enfant " naturellement".

Je n'étais pas spécialement choquée, la question de l'adoption résonnant depuis très longtemps en moi de cette manière là également, mais plutôt -très- contente et -très- surprise de rencontrer quelqu'un qui partage mon point de vue sur un certain nombre d'idées. C'était une discussion très intéressante; très sensée , humaniste et agréable ( qui a dévié sur un certains nombres d'autres sujets tout aussi passionnant comme la chasse aux homosexuels dans les pays d'Afrique mais bref...). Un rayon de soleil qui a légèrement éclairée mes heures sombres.

Je n'aurais pas eu l'idée d'en faire un billet si ma merveilleuse môman ne m'avait pas fait saigner les tympans avec ses réflexions dignes d'un paquet bonux, mais commençons par le commencement.

Pourquoi se tourner vers l'adoption quand on peut avoir des enfants naturellement ?

It's THE question qu'on me pose parfois - souvent, tout le temps en fait - quand j'évoque cette possibilité (depuis un moment, depuis que je suis diagnostiquée OPK,depuis que pleins de choses... mais me demandais pas comment je suis arrivée à ce cheminement, mes voies sont nébuleuses et impénétrables).

On va très vite passer sur le motif mineur (ou peut être est il majeur, mais c'est pas celui auquel je pense en premier quand je défends mon argumentaire) qui est absolument trivial et mord moi le noeud : je ne me sens pas capable de porter un enfant, physiquement je ne peux pas l'envisager, malgré tout mes efforts, je ne suis pas assez forte et confiante en moi pour envisager une prise de poids, des vergetures ...

Ceux qui connaissent l'histoire de mon poids et les joyeuses suites (à remplacer par terribles souffrances psychologiques) qui en découlent savent pourquoi je ne peux pas " tolérer" une chose pareille et je ne vais pas continuer à m'étaler sur ce point là, quitte à passer pour une narcissique égo-centrée de bas étage.Ou de celle qui veut le beurre et l'argent du beurre ( sous entendu les enfants sans les "sacrifices" qui vont avec).

On peut maintenant aborder les points beaucoup plus importants dans cette histoire.

Mon travail m'a prouvé à maintes reprises qu'être parents, ce n'est pas qu'une question de génétique.

Je pense à un cas en particulier qui ferrait un livre édifiant et un film à faire pleurer dans les chaumières si je le mettais en mots et en images. Croyez moi,vous ne voulez pas savoir de quoi il retourne. Ceci dit, des exemples, j'en ai des tas pas reluisants.Voir même franchement merdique. Cette mère qui fait gamin sur gamin parce qu'elle aime être enceinte et qui ensuite les laisse à leur triste sort (à l'heure actuelle, ils sont 6 et tous à la DASS), cette autre qui se shoote toute la journée et dont les mômes ne mangent même pas le soir alors qu'elle s'empiffre au donner au bas de la rue tous les midis, ces autres parents qui on fait un deuxième pour sauver le premier et qui n'ont d'yeux que pour un, je ne vous dirais pas lequel, c'est assez évident... On peut continuer longuement comme ça. Je vous rassures, parfois, j'en dors pas la nuit à force d'alterner colère (pour les "parents") et compassion ( pour les enfants, victimes collatérales de la connerie humaine).

Être parents, pour moi, ce n'est pas créer un petit "soi" et ensuite le laissé pousser , comme de la mauvaise graine, sans se soucier des conséquences. C'est vrai,un enfant, c'est comme une petite plante fragile et précieuse. Il a besoin d'amour, mais aussi d'un bon terreau ( environnement stable et cadré), d'eau (et de nourriture "alimentaire" et affective), de soins, d'un tuteur (qui aide à pousser droit, ce n'est pas qu'une image..), de stimulations ( y pas que les ficus qui aiment les concerto de Bach) et ainsi de suite...Un rôle qui n'ai pas donné à tout le monde, il me semble, comme certaines personnes sont nés avec la main verte, d'autres me semblent plus apte à être parents que d'autres.

Mais pour élever "correctement"un enfant, faut- il obligatoirement qu'il soit biologiquement lier à nous ? Alors qu'aujourd'hui des centaines d'enfants cherchent un foyer stable, une famille aimante, une attache,des repères et une identité et qu'ils grandissent dans des foyers d'accueil, des orphelinats etc ?

Je me suis souvent demandé pourquoi faire égoïstement un "mini-nous" alors que l'on peut très bien adopter, combler son désir d'enfant, et donner du bonheur à un gamin qui n'a rien demandé et qui à été abandonné... Parce qu'il est là,lui, alors autant lui donner une famille et l'aimer !

Je me suis souvent demandé en quoi mon amour changerait s'il n'était pas de mon sang, si je l'élèverais d'une manière différente, si les enjeux me sembleraient autres...Et j'en ai conclus que non, que ça ne changerait finalement rien dans mon désir , ni dans mon amour, ni dans mes principes et dans mes convictions...qu'il soit "fabriqué" par moi ou par une autre, une inconnue, qu'importe, le tout c'est de l'aimer et lui apporter les clés qui mènent au bonheur, le guider dans la vie, l'aidé à avancer et en faire un homme ou une femme respectable, bien dans sa vie, dans sa tête, dans ses pompes... ce que tout parent veut pour son enfant, en somme.

Ma mère m'a donc "gentiment " balancer à la tête " franchement, c'est se mettre des bâtons dans les roues pour rien, c'est déjà difficile d'élever son enfant alors ceux des autres, qui plus est, abandonnés ".

Bien, merci maman de cet encouragement. Je te ferrais juste remarquer que le propre de l'adoption c'est que les enfants des autres deviennent les tiens, mais bon, passons.

Puis " Enfin, moi, franchement je pourrais pas".

Sous entendu, aimer un enfant qui n'est pas de mon sang, que je n'ai pas conçu et porté, dont je n'ai pas accouché, dont je ne sais rien ...

Intolérance et incompréhension.

Est-ce que je juge, moi, ceux qui font le choix d'avoir des enfants " production maison " ? Est-ce que je juge, moi, ceux qui se lancent dans des procédures médicales de fous au risque d'y laisser des plumes ? Est-ce que juge ceux qui adoptent en solo ? Qui ont des enfants tard ou tôt ? Qui en en ont un, trois ou huit ? Ou qui n'en ont tout simplement pas ?

Non.

Je ne suis pas dans le jugement car je suis passée par toutes ces facettes là.

J'ai envisagé toutes les issues. J'ai entre-ouvert toutes les portes.Mais ma mère, elle, elle est sentencieuse. Pas très étonnant vu le poids de la norme culturelle et sociale mais pas très finaud non plus. Et je ne ferrais pas ma langue de vipère quand à l'aspect économique de la chose ...

Et l'important là dedans ? L'idée, l'envie qui se cache derrière mes paroles ? Vivre tout simplement car le monde est ce qu'il est alors ... être solidaire, aimer, aider, guider, partager... pour moi être parents n'est pas forcément synonyme de "faire un enfant" mais "avoir et aimer un enfant" ce qui est très différent...

N'a t'on donc pas le droit de ne pas vouloir porter l'enfant en son corps mais de vouloir le porter en son coeur ? Car c'est bien du cœur qu'il s'agit. Il faut du courage, de la patience et de l'amour pour endurer une procédure d'adoption. Je ne pousserais pas le vice et la méchanceté jusqu'à dire que les parents adoptants ont plus de mérite que ceux qui se contentent de poser la petite graine (car je ne le pense pas), pourtant certains franchissent cette limite sans aucune hésitation. Bien que ce qui me chagrine moi, dans cette histoire, c'est que la majorité des parents adoptants le sont car ils n'ont pas pû avoir d'enfants " naturellement". Il n'y a que moi qui suis choquée par le fait que l'adoption soit une roue de secours ? Une solution de repli ? Ces enfants ne méritent ils pas d'être aussi le plan A et non le plan B, faute de mieux ?

Autre remarque tout aussi agréable " c'est ton côté sauveur de l'humanité qui cause, tu veux juste laisser ta trace en faisant ça, pour te démarquer du lot".

Je ne suis pas de ceux là. Je ne crois pas que l'adoption soit la potion magique contre la misère du monde. Je ne veux pas sauver un enfant d'un avenir " désastreux" . Je ne me pense pas non plus meilleure mère pour ces enfants là sous prétexte que je peux leur apporter des choses autres que leurs parents biologiques. Je sais que certaines adoptions se passent très mal. Je sais que c'est difficile. Que cela nécessite un accompagnement particulier des parents et des enfants. Je sais qu'il y a peu d'enfants proposés à l'adoption malgré qu'ils soient très nombreux.Mais tant pis.

Je suis sûre que cela va faire couler de l'encre. Qu'on va encore vouloir m'analyser ou me psychanalyser. Magoo va certainement me dire " tu cherches sûrement une reconnaissance, réussir le parcours du combattant qu'est l'agrément te légitimera dans ton droit d'être une bonne mère , que si les gens te font passer des entretiens et te l'accordent, c'est que tu auras toutes les garanties pour élever correctement un enfant, tu veux que l'on te dise que tu mérites d'être mère". Peut-être. Peut-être pas.Je comprends que le sujet des femmes fertiles choisissant la voie de l'adoption peut poser question. Moi, j'ai une autre réflexion : pourquoi, sous prétexte que l'on peut faire quelque chose et que tous les autres font comme ça, doit on suivre le même chemin ?

 

 

 

Tag(s) : #Humeurs

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