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Je remercie d'abord Charlie sans qui cet article n'aurait certainement jamais vu le jour.

Parler de religion, c'est comme parler de politique, ça fâche.

Et je n'avais pas le courage d'aborder ce point devant un si large publique. Parce que mon point de vue sur la religion est loin d'être conventionnel. Loin d'être compris et accepté. Alors, je vais faire au mieux, mais je ne garantis pas la clarté de mes propos.

Je suis issue d'une famille catholique. D'un côté, j'ai la branche très croyante, très fermée sur ce point là. On est baptisé, on va au cathésisme, on fait ses communions, on est de toutes les messes, on fait le carem, on ne mange pas de viande le vendredi, on ne fricote pas avec les hommes avant le mariage, on ne divorce sous aucun prétexte, et ainsi de suite. La religion à l'ancienne.

De l'autre côté, j'ai une branche plus ouverte, moins attachée aux faits mais plus dans la transmission d'une certaine idée de ce qu'est la religion. Des valeurs, une morale, une éthique, des préceptes de vie, des tuteurs pour avancer convenablement dans la vie. Un catholicisme d'ouverture et de tolérance, sans aucun doute.

J'ai longuement ballottée entre les deux versions, incapable d'en faire le lien.

J'ai été baptisée, j'ai été au cathé le mercredi (et j'adorais ça, pour les histoires, l'ambiance, les beaux bricolages), j'ai lu des livres sur la religion, j'ai été à la messe,j'ai chanté, j'ai allumé des cierges, j'ai mis des crèches sous mon sapin, j'ai fais ma première communion et ainsi de suite.

Mais pour moi, ça n'avait aucun sens. Je regardais le monde, et je ne comprenais rien. Comment pouvait- il être ce qu'il est si Dieu avait fait les hommes à son image ? Et si son Fils était son image, cet être si plein d'amour, de paix, et de tolérance, pourquoi tout les hommes n'étaient-ils pas battis sur le même modèle que Jésus ? Pourquoi y avait il tellement de souffrance, d'injustice et de méchanceté ? J'ai longuement réfléchi, j'ai posé des questions et je n'ai jamais eu de réponse valable. Vous comprenez, on ne peut pas dire des choses comme ça, c'est blasphématoire.

Mes convictions ont alors commencées à vaciller.

Et j'ai été en colère de ne pas avoir de réponse. De relever autant d'incohérences entre les paroles, les enseignements et la réalité. Le vase à débordé quand j'ai prié longuement, très longuement, tous les soirs pendant des mois, en pleurant, en suppliant pour une personne très chère à mes yeux et qui est morte quand même. Me laissant du verre pilé à la place du cœur alors que j'avais à peine 14 ans.

A partir de là, je n'ai plus jamais voulu entendre parler de Dieu, ni de religion. Ce n'était qu'un concept inventé par les hommes pour avoir moins la trouille de mourir et pour soulager un peu toute leur culpabilité de ne pas être à la hauteur de leur tâche.J'ai arrêté d'en parler, j'ai arrêté d'aller à l'église, j'ai tout renier en bloc. Je suis devenue intolérante, je me moquais des pratiquants, bête à manger du foin, pour ainsi suivre aveuglément des préceptes moyen-âgeux sans jamais se remettre en question. Puis la douleur est passée, doucement, avec les années, sans jamais s'estomper totalement et sans que jamais je ne retrouve la foi.Je vivais, comme ça, sans me poser de questions, me proclamant athée.

J'ai grandis, j'ai mûri, j'ai pu enfin avoir de vraies conversations d'adultes, sans que la douleur et la déception viennent détruire la moindre tentative de réhabilitation de la religion dans ma vie.

Je ne crois toujours pas en Dieu, ni en ce qui est écrit dans la Bible, je ne vais toujours pas à l'église, qui me fatigue avec ses discours moralisateurs, simplistes et d'un autre temps, mais j'ai appris à aimer les concepts qui bercent mon identité spirituelle. Je m'efforce maintenant de vivre en accord avec les valeurs chrétiennes qui m'ont formée en tant qu'adulte, qui ont été un tuteur, qui guident inconsciemment mon opinion, ma morale, mon éthique. Et j'essaie chaque jour d'en tirer le meilleur.

Il y a l'amour, bien sûr. L'entraide, le partage des connaissances et des expériences, la collaboration, l'aide, le conseil, le pardon, l'amitié, la solidarité, la tolérance ...

Il y a le respect. Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse. L'estime de soi et l'estime des autres. Le crédit accordé à chacun d'eux, l'ouverture aux autres, l'échange et le respect des opinions mais aussi le respect de notre environnement, de la nature et des animaux ...

Il y a l’espérance, croire que si l'histoire ne se finie pas bien, c'est qu'elle n'est pas encore terminée.Avoir confiance dans l'avenir et avoir confiance dans le rôle des hommes vis à vis de ce dernier. Croire que le bonheur est possible.

Il y a la joie, celle d'être là, d'être entourée et aimée, de voir tous les petits bonheurs du quotidien, il y a la joie de partager de bons moments, d'avoir donner du sel à sa vie ou à celle de quelqu'un d'autre, la joie d'être en cohérence avec soi même et avec ses valeurs...

Il y a la paix, vivre en harmonie avec soi même et avec les autres. C'est le respect des différences, c'est l'engagement à améliorer le monde, c'est être curieux de la diversité et des choses qu'elle nous enseigne.

Il y a la justice. Etre capable de traiter équitablement chaque personne sans différenciation, peu importe ses capacités, son origine, son apparence physique ou son milieu social. C'est être intègre et participer de son mieux à la création d'une société plus juste et plus "en lien".

C'est aussi le courage, celui d'appliquer tout ça au quotidien, de ne pas céder à sa mauvaise humeur, sa lassitude, de ne pas laisser les préjugés et l'énervement l'emporter sur tout le reste, ne pas perdre de vue les choses réellement importantes, c'est le courage de ne pas se décourager, justement, de ne pas culpabiliser si on n'est pas irréprochable. C'est le courage de ne pas se flageller si pour une fois on n'est pas en accord avec l'un des préceptes précédents. C'est l'audace de tenir bon, de recommencer, d'innover, de défendre son point de vue, d'encourager les initiatives qui nous tiennent à cœur ...

J'ai aussi appris, et accepté, que la religion n'était pas seulement des traditions et un noyau dogmatique rigide qui s'articulent autours de règles plus ou moins obscures, et dénuées de sens dans notre société actuelle.

J'ai compris qu'elle pouvait simplement être un guide qui aide à se tenir droit et à ne pas avoir honte de soi quand on se regarde dans le miroir (ça m'arrive souvent quand je m'emporte et que je perds de vue toutes les choses citées précédemment). Qu'elle est peut être simplement là, non pas pour répondre à nos questions, mais pour nous renvoyez à nous même, pour nous inciter à nous ancrer dans notre vécu et dans nos expériences, à découvrir les choses par nous même tout en balisant le chemin pour ne pas qu'on s'égare.

Je ne suis pas croyante au sens commun du terme.

Pour moi, Dieu n'est rien d'autre qu'un concept. Et que celui qui a écrit la Bible était un putain de bon romancier, mais ça s'arrête là. Je pense qu'il y a sans doute quelque chose après la mort, aux vues des nombreux récits de d'EMI qu'on lit actuellement, mais je ne pense pas que ce soit Dieu. Et quand bien même ce serait lui, il va lui falloir beaucoup de patience avec moi car j'ai une liste de choses à lui demander qui est longue comme le bras.

Je ne suis pas pratiquante au sens commun du terme.

Je ne vais pas à l'église, je ne fais pas de retraite monastique, j'accord peu d'importance aux fêtes religieuses en dehors de Noël et de Pâques, je ne suis pas les préceptes de l'église au quotidien. Je serais d'ailleurs une bien mauvaise paroissienne.Les débats religieux m'ennuie d'ailleurs au plus haut point. Je condamne tous les crimes imputé à l'église catholique tout comme je condamne toute autres formes d’extrémisme religieux. J’exècre certaines pratiques de ce milieu.

Par contre, si je reste lucide sur les travers de mon enseignement religieux, je ne tolère pas qu'on critique ma façon de vivre ma religion ou qu'on essaye de m'imposer une autre manière de faire. Je ne tolère pas les sarcasmes et les allusions douteuses sur la catholicisme.Je ne tolère pas non plus qu'on renie l'héritage chrétien de ce pays.

Je ne suis pas conventionnelle. J'ai une religion en kit. Elle dérange les non croyants comme les pratiquants, mais c'est ma réalité.Le chapelet de ma mamie sera toujours mon "collier favori", et c'est comme ça que je me sens bien.

 

Tag(s) : #Humeurs

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